Google entre en guerre contre Microsoft!
Par Youri REGNIER, mardi 27 février 2007 à 14:28 :: Stratégies :: #71 :: rss
En annonçant le lancement de Google Apps Premium, Google déclare ouvertement la guerre à Microsoft. La bureautique était jusqu’alors la chasse gardée de Microsoft mais c’était sans compter sur les appétits de puissance de Google. Retour sur la guerre entre le géant du Web et le géant du logiciel, qui n’attendait que l’étincelle pour s’enflammer...Google à l’assaut de la clientèle de Microsoft :
L’annonce a fait l’effet du bombe : Google s’attaque pour la première fois de manière frontale à l’empire Microsoft. Le géant du web, qui avait toujours démenti vouloir proposer une suite bureautique revient sur sa position en proposant le “Google Apps Premium Edition”.
Objectif : séduire les TPE et PME en leur fournissant une solution clé en main. La cible visée est donc exactement la même que celle de l’ennemi juré Microsoft.
Google proposait déjà depuis début 2006, diverses solutions collaboratives en ligne mais la firme a cette fois-ci décidé de réunir ses différentes applications dans un pack et de le proposer aux entreprises.
Coût de la solution : 50€ par an et par utilisateur. Pour l’occasion, Google a donc modifié son business model en proposant pour la première fois une solution payante.
Les applications déjà proposées dans le Google Apps gratuit sont les suivantes :
- Gmail : messagerie Google
- Google calendar : agenda
- Google Talk : système de voix sur IP
- Google Docs & Spreadsheets : traitement de texte et tableur
- Google Page Creator : outil de développement de sites web
- Espace de stockage par utilisteur de 10 Go contre 2 Go pour la version gratuite
- la prise en charge d' API permettant d'intégrer les applications Google dans les systèmes d’informations des entreprises.
- Une hotline mise disposition 24h/24 et 7j/7
Google affirme disposé d'une base de 100 000 clients parmi lesquels General Electrics, Procter & Gamble, Médiamétrie, Essilor, l’hôpital de San Francisco,...Le but étant de convaincre ces derniers de passer à la solution payante. Le premier utilisateur de Google Apps étant bien sûr Google lui-même et ses 10 000 employés.
Concurrence frontale avec Office Live :
En novembre dernier, Google avait déjà narguer Microsoft en annonçant 24 heures avant le lancement d’Office Live sa solution entreprises alors baptisé “Google Apps for your domain”. Google dispose de 2 arguments forts pour s’octroyer le marché alors réservé à Microsoft : le prix tout d’abord car la licence d’Office Live premium coûte 40$ par mois et par utilisateur alors que Google Apps ne coûte que 50€ par an. D’autre part, les logiciels proposés par Google sont collaboratifs, chaque membre pouvant modifier les documents de travail.
Google compte aussi sur la simplicité d’utilisation en hébergeant la solution et en prenant en charge la maintenance. Seule inconnue : les entreprises seront-elles prêtes à stocker des données sensibles sur les serveurs de Google?
On peut également prévoir une intégration prochaine de wikis pour entreprises (grâce au rachat de Jotspot) et d’un logiciel de présentation similaire à Power Point (voir article sur Presently)
Google et Mircosoft : des modèles stratégiques opposés
Microsoft est le leader du logiciel et ne compte pas migrer vers le “tout internet”. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Office Live ne propose pas une version en ligne de la suite bureautique mais simplement un pack tout en un à destination des PME. Le succès de Microsoft tient à son système d’exploitation et à l’interopérabilité des terminaux (PC, mobile, console,...). Microsoft mène donc une stratégie d’encerclement visant à imposer sur chacun des terminaux l’utilisation d’un OS unique : le sien!
Google mise quand à lui sur le tout internet. La firme vise à s’affranchir des PC pour fournir grâce au web une palette de services couvrant les fonctionnalités offertes par Microsoft. L’intérêt de Google est que se développe l’accès du web et les terminaux légers.
Google préconise un système sans disque dur où toutes les données et applications seraient accessibles en ligne grâce à n’importe quel terminal.
C’est pourquoi les négociations avec les opérateurs mobiles sont si stratégiques et sont soumises à des jeux d’influence. Le fait que Google fournisse gratuitement le wi-fi à la ville de San Francisco est parfaitement en phase avec les objectifs de la firme.
Les FAI ont pleinement leur rôle à jouer dans cette guerre pour le leadership de l’informatique et de l’internet. Et ces derniers sont pour le moment plus enclin à soutenir Microsoft.
Dans plusieurs domaines, Google rentre en concurrence avec les FAI : c’est le cas par exemple avec YouTube et Google Video, concurrent direct des systèmes de VOD des FAI.
De même, le système de paiement Google Checkout ne réjouit pas franchement les fournisseurs d’accès. Or Microsoft négocie intelligemment avec les FAI en collaborant sur le développement de logiciels. D’où la possibilité que Google devienne un FAI à part entière pour défendre au mieux ses intérêts.
Une stratégie indirecte de déstabilisation?
11 milliards de dollars! C’est ce que rapporte chaque année la suite office à Microsoft. Plus que le chiffre d’affaires de Google en 2006! Outre le fait de développer ses revenus, Google cherche peut-être à déstabiliser Microsoft pour accroître son contrôle du web.
En attaquant frontalement Microsoft sur son terrain de prédilection, nul doute que Bill et ses acolytes vont devoir remettre le paquet sur un domaine qu’ils pensaient acquis. Ils devront alors se détourner en partie du développement de MSN - Live Search, principale menace pour Google. Une des tactiques de Google pourrait être de faire diversion pour écraser Live Search.
De l’histoire de Microsoft, Google est le concurrent le plus sérieux. Fort de ces 150 milliards de dollars de sa capitalisation boursière, de sa trésorerie de plus de 10 milliards de dollars et de son emprise du web, Google est le seul acteur capable de bousculer Microsoft.
Les deux entités affirmaient jusqu’alors que leurs domaines de compétences n’entrait pas en concurrence. Mais Google en a décidé autrement en prenant l'offensive.
Il était inévitable qu’une guerre éclate entre les deux colosses américains, et bien malin celui qui pourra en prédire les conséquences!
Affaire à suivre...
Voir aussi l'article de Christian Jegourel
With the launching of Google Apps Premium, Google declares a war on Microsoft. Office automation was until then the kept hunting of Microsoft but it was without counting on the appetites of power of Google. Let’s return on this economical warfare between the giant of the Web and the giant of software...Google is tageting the Microsoft’s customers:
The advertisement made a bomb effect : for the first time, Google attack directly the Microsoft empire. Objective: to seduce SME with a turn-key solution. The target is exactly the same one as that of the sworn enemy Microsoft.
Since last year, Google already proposed various collaboratives solutions on line but the firm has this time decided to join together its various applications in a pack and to propose it to companies. Cost of the solution: 50$ per annum and by user. For the occasion, Google thus modified its business model by proposing for the first time a paying solution.
The applications already suggested in the free version of Google Apps are:
- Gmail : Google webmail
- Google calendar : diary
- Google Talk : system of voice on IP
- Google Docs & Spreadsheets
- Google Creator Page : development tool of Web sites
- Space storage by user of 10 Go against 2 Go for the free version
- the API which allow companies to integrate the Google applications in their information systems
- An hotline 24h/24 and 7j/7
Frontal competition with Live Office:
Last November, Google had already cheek Microsoft by announcing 24 hours before the launching of Office Live its solution then baptized "Google Apps for your domain".Google has 2 strong arguments to grant the market controlled by Microsoft: the price first of all because the licence of Office Live premium cost 40$ per month and per user whereas Google Apps costs only 50$ per annum. In addition, the software suggested by Google is collaborative, each member can modify the working papers.
Google also counts on the ease of use by hosting the solution and carrying the maintenance out. Unknown factor: will the companies be ready to store significant data on the host of Google?
One can also envisage a nearest integration of wikis for companies (thanks to the acquisition of Jotspot) and of a software of presentation like Power Point (see article on Presently)
Google and Mircosoft: opposite strategic models
Microsoft is software's leader and doesn’t hope to migrate towards "whole Internet". As opposed to what one could think, Office Live isn't an on line version of the office soft but simply a pack all in one bound for SME.Microsoft’s success is due to its operating system and to the interworking of terminals (PC, mobile, console...). Microsoft thus carries out a strategy in order to impose on each terminal the use of a single OS: Windows!
Google rely on the “whole Internet”. The firm wants to reduce the importance of PC to provide on the Web services covering the functionalities offered by Microsoft. The interest of Google is to develop the Web access and the small terminals.
Google recommends a system without hard disk where all the data and applications would be accessible on line thanks to any terminal.
This is why the negotiations with the mobile operators are so strategic and are subjected to plays of influence.
The fact that Google provides for free the wi-fi to San Francisco is perfectly in phase with the objectives of the firm. The providers have fully their role to play in this war for the leadership of data processing and Internet. And the latter are for the supporting Microsoft.
In many ways, Google is in competition with providers: it’s the case for example with YouTube and Google Video, direct competitor of the VOD systems.
In the same way, the payment system, Google Checkout, doesn’t delight providers. However Microsoft negotiates with providers while collaborating on software development. That’s why Google could become a provider in order to defend its own interests.
An indirect strategy of destabilization?
11 billion dollars! It's the revenues of Microsoft thanks to the Office software. More than the turnover of Google in 2006! In addition of developing its incomes, Google perhaps seeks to destabilize Microsoft to increase its control of the Web.
By frontally attacking Microsoft on its ground of predilection, there is no doubt that Bill and its assistants will have to spend money on a sector which they thought acquired. They will be diverted of the Live Search development, principal threat for Google. One of the tactics of Google could consist to make diversion to crush Live Search.
In the history of Microsoft, Google is the most serious competitor. With 150 billion dollars of capitalization, more than 10 millions of treasury and thanks to its Web influence, Google is the only actor able to hustle Microsoft.
The two entities affirmed hitherto that their skills weren’t in direct competition. But Google made an other decision by taking the offensive.
It was inevitable that a war bursts between the two giants, and it’s difficult to say which one will win!
Business to be followed...
Tags : Google
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Commentaires / Comments
1. Le mardi 27 février 2007 à 14:49, par cr0vax
2. Le mercredi 28 février 2007 à 10:25, par Opticien lunetier
3. Le mercredi 28 février 2007 à 14:10, par Anonymousse
4. Le mercredi 7 mars 2007 à 14:32, par hugues
5. Le vendredi 9 mars 2007 à 20:27, par digintel
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