La collaboration : une pratique courante
Rassurez-vous chers lecteurs, Google n’est pas la seule firme collaborant avec les autorités chinoises. On peut citer Yahoo! et Microsoft, deux de ses principaux concurrents ou encore Amazon et Cisco qui ont rapidement fait le choix entre éthique et profit.
Ce qui peut surprendre dans le cas de Google, c'est la différence flagrante entre son discours et ses actes. Le credo jadis clamé par Google “nous croyons fermement au caractère démocratique du web pour déterminer l’inclusion et le classement des sites dans nos résultats” a d’ailleurs disparu peu de temps après l’annonce de Google.cn.

Une mobilisation malheureusement peu efficace :
De nombreuses associations comme Reporters sans Frontières, Human Rights Watch et Amnesty International ont accusés les firmes américaines de favoriser la censure dans le monde et de “sympathiser avec l’ennemi”.
Plus récemment, le parlement européen et le congrès américain ont demandé des comptes à Google, Microsoft et Yahoo! sur cette collaboration suspecte se traduisant par une rétention de l’information.
Les firmes n’ont alors observé aucun regret affirmant qu’elles n’amplifiaient pas la censure mais ne faisaient que se plier aux exigences des autorités. Google a d’ailleurs eu l’audace de comparer la rétention de l’information chinoise à la censure exercée par les pays européens et américains à l’égard des sites pédophiles!

Google piqué au vif : un moteur local dérangeant
Mais ce n’est pas tant ces considérations d’ordre moral qui gênent Google que son absence de leadership en Chine. Collaborer avec le gouvernement chinois, d’accord, à condition que la réussite financière soit au rendez-vous.
Or, Google ne cesse de perdre du terrain face à son concurrent local Baidu. Les parts de marché en 2006 du moteur de recherche Chinois sont supérieures à 60% tandis que celles de Google sont à peine de 25% (soit une perte de 8% par rapport à 2005).
Récemment, Google avait voulu se rapprocher du peuple Chinois en acceptant pour la première fois de changer son nom en choisissant l’appelation “Guge”. Cette opération s’est terminée par un fiasco, un site “NoGuge” ayant d’ailleurs vu le jour. L’avance de Baidu sur ce marché peut s’expliquer par une meilleure compréhension de la langue et de ses subtilités ainsi que par une meilleure connaissance du comportement des Chinois. Il s’agit en effet d’un marché très différent des standards occidentaux où Google semble bien affaibli.
Et lorsqu’un acteur local vole la vedette à Google et annonce vouloir se lancer au Japon, cela a le mérite d’irriter la firme aux 150 milliards de dollars.

Racheter Baidu : la possible stratégie de Google
Le marché chinois compte aujourd’hui 120 millions d’internautes (deuxième pays derrière les Etats-Unis en termes d’utilisateurs) et il s’agit du marché en plus forte croissance. Compte tenu des enjeux stratégiques du marché Chinois et de l’arrogance affichée de Google, nul doute que la firme de Moutain View tentera par tous moyens de s’emparer du leadership.
Et cela pourrait bien passer par un rachat de Baidu. La faiblesse qui est également la force de Baidu est de proposer une recherche spécifique de MP3. C’e type de recherche est à l’origine de nombre de procès entre le moteur chinois et les majors américaines.
Une alliance pourrait alors voir le jour entre les majors et Google pour faire tomber Baidu, d’autant que Google a désormais l’habitude de négocier avec ces groupes. D’autre part, Google a cédé en juin sa participation de 2,63% du capital de Baidu. Cette annonce a fait baisser le cours de Baidu d’environ 6%. Une stratégie de Google pourrait donc être d’affaiblir Baidu pour racheter ensuite l’entreprise à bas prix.
Seule inconnue : le gouvernement chinois acceptera t-il de laisser cette entreprise être rachetée par une firme américaine?
A priori non, mais Google est en train de négocier avec les autorités chinoises concernant la diffusion de vidéos sur les téléphones portables. Google accepterait alors de se plier à la censure chinoise qui désire vouloir valider tout contenu avant sa diffusion. Un deal qui pourrait peut-être prévoir le rachat de Baidu...
Quoiqu’il en soit, nous sommes bien loin d’enjeux purement économiques.... Et quand à l’éthique, ce mot semble décidément ringard!
Affaire à suivre...

Google passes on red

At the beginning of this year 2006, Google agreed the requirements of Chinese government to conquer this region. For the first time, Google showed its only objective was profit, quite different of all its beautiful speeches about ethics. But, even while collaborating with the Chinese, Google doesn’t manage to impose itself...

Collaboration: a current practice
Don’t worry dear readers, Google is not the only firm collaborating with the Chinese authorities. One can quote Yahoo! and Microsoft, two of its principal competitors or Amazon and Cisco which quickly made the choice between ethics and profit.
What can surprise in the case of Google, it is the obvious difference between its speech and its acts. The creed formerly protested by Google "we believe in the democratic character of the Web to determine inclusion and the classification of the sites in our results" disappeared besides just after the announcement of Google.cn.

A mobilization still not effective:
Many associations like Reporters Without Borders, Human Rights Watch and Amnesty International crticized the American firms to support the censure in the world and "to sympathize with the enemy".
More recently, the European Parliament and the American congress requested accounts from Google, Microsoft and Yahoo! on this suspect collaboration resulting in a retention of information.
The firms didn’t observe any regret affirming that they didn’t amplify the censure but were the slaves of the authorities. Google had the audacity to compare the retention of Chinese information with the censure exerted by the European and American countries with regard to the pedophile sites!

Google : a dislike situation
But these aren’t the considerations about ethics which obstruct Google but its lack of leadership in China. To collaborate with the Chinese government, Google is Ok, but if Google is the leader!
Google is losing ground because of its local competitor Baidu. The market shares in 2006 of the Chinese search engine are higher than 60% while those of Google are hardly 25% (either a loss of 8% compared to 2005).
Recently, Google had wanted to approach the Chinese people while agreeing for the first time to change its name into choosing the appelation "Guge". This operation ended in a fiasco, a site "NoGuge" having been born besides.
The advance of Baidu on this market can be explained by a better comprehension of the language and by a better knowledge of the behavior of Chinese people. China is indeed a very different market from the Western standards where Google seems well weakened.
And when a local actor steals the leadership and announces wanted to launch out to Japan, that could irritate Google a lot.

A possible strategy of Google:
The Chinese market counts today 120 million Net surfers (second country behind the United States) and his in a stronger growth. Taking into account the strategic stakes of the Chinese market and arrogance of Google, there is no doubt that the Moutain View firm will try by all means of seizing the leadership.
And that could pass well by the acquisition of Baidu. The weakness which is also the force of Baidu is to propose a specific search for MP3. This kind of research is the origin of lawsuits between the Chinese engine and the American majors.
An alliance could be born between majors and Google to make fall Baidu. In top of that, Google has sold in June its 2,63% participation of Baidu capital. This announcement cause a drop in the course of Baidu from approximately 6%.
This could be a strategy of Google to weaken Baidu and then repurchase the company at low prices. But there is an unknown factor: will the Chinese government agree to let this company be repurchased by an American firm?
A priori not, but Google is negotiating with the Chinese authorities concerning the diffusion of videos on cellular phones. Google would then agree to yield with the Chinese censure which wishes validating all contents before its diffusion. A deal which could perhaps envisage the repurchase of Baidu...
Though it is, we are far from purely economic stakes.... And about ethics, this word seems definitely old-fashioned!

To be continued...